Sales baraques
Gurs, un camp français (1940-1942)

Auteur : Marie Theulot

  • Référence OUR2014
  • EAN 9782889130146
  • Editeur

    Ourania

Force est de constater qu’une chape de plomb a muré dans le silence, pendant des décennies, tout ce qui concerne l’existence de nos camps français !

Qui dit « camp » et « Deuxième Guerre mondiale » pense immédiatement Allemagne, Est, territoires lointains. Pourtant, en France aussi, des camps « d’accueil » ont existé, où l’être humain a dévoilé toutes ses facettes. Des lieux où l’on a été enfermé injustement. Où l’on est mort. D’où l’on est parti vers la mort. Dans ce contexte, certains ont su réagir pour apporter tout le soulagement possible à leurs frères et soeurs en humanité.

Sales baraques, c’est l’histoire des hommes et femmes enfermés à Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques. C’est aussi celle d’une Jeanne Merle d’Aubigné, d’une Madeleine Barot ou d’un Charles Cadier, que leur foi a empêchés de rester sans réaction.

Points forts :

  • la découverte de pans méconnus de notre histoire
  • un roman réaliste et plein d’humanité
  • une incitation à agir

Thèmes :

  • la guerre
  • le nazisme
  • l’égocentrisme
  • les camps
  • la solidarité
  • la foi face à l’horreur
  • la discrimination
Theulot Marie

L'auteur

Marie Theulot, est fille et petite-fille de Justes. Son père, Jacques Vigoureux, alors âgé de 16 ans, et son grand-père Georges Vigoureux, alors commissaire de police à Bagnères-de-Bigorre, en les prévenant de leur arrestation imminente, ont en effet sauvé, en 1943 et début 1944, des dizaines de Juifs, réfugiés dans les Hautes-Pyrénées et qui tentaient de fuir en Espagne. Après une carrière dans l'éducation nationale en tant que directrice et enseignante dans le primaire, elle a décidé d'apporter sa pierre à l'œuvre collective de mémoire et de témoigner sur les Justes en faisant des interventions dans les écoles, les collèges et les lycées et des conférences à l'invitation d'associations. Le 22 juillet 2012, elle est intervenue à la cérémonie célébrant le 70e anniversaire de la Rafle du Vel d'Hiv.  « Je n’ai jamais dit que j’étais chrétienne, mais j’ai essayé de le vivre » Bien que chrétienne, vous avez toujours fait le choix d’enseigner dans l’école publique. Quelles en sont les raisons? Pour l’école primaire et le collège mes parents avaient fait le choix du privé. J’en ai gardé plus de bons souvenirs que de mauvais, même si j’ai été maltraitée par une enseignante. J’ai su très jeune faire la part des choses. Le lycée public m’a montré le visage de la diversité, aussi bien chez les élèves que chez les professeurs à forte personnalité ayant la passion d’enseigner. Ils m’ont donné envie de suivre leurs traces. Les valeurs de la République « Liberté, Egalité, Fraternité » font bon ménage avec ma foi. Comme je l’ai écrit dans mon livre, je les avais emportées dans mon cartable dès le premier jour où j’étais dans une classe. Y a-t-il des moments où cela a été plus difficile à vivre ? Si oui, quand? La notion de laïcité est complexe. En théorie, elle respecte et garantit la liberté religieuse de chacun. Mais l’enseignant a un devoir de stricte neutralité. Je me souviens d’une leçon sur les Droits de l’Enfant. Le texte évoquait des milliers de poussières en parlant des enfants du monde. J’avais nuancé en remplaçant le mot « poussière » par « trésor ». Il m’en a coûté de ne pas pouvoir leur dire que chaque enfant est un trésor voulu de Dieu, qui désire les aimer chaque jour de leur vie... Autre exemple. Une élève était suivie par une psychologue pour une propension au mensonge. « Personne ne me croit, pas même la psychologue, quand je dis que c’est quelque chose qui me pousse à mentir. Je fais pas exprès ». Je l’avais rassurée en lui disant que, moi, je la croyais et je l’avais encouragée à écouter la petite voix du bien en elle. J’avais évidemment prié pour elle et elle avait progressé. Ce sont deux situations, où j’aurais voulu être plus précise et partager ma foi. Nous découvrons dans votre livre un passage où vous avez témoigné de votre espérance aux parents laïcs d’un enfant bouleversé par la mort de sa grand-mère. Pouvez-vous nous en toucher deux mots ici et nous dire en quoi cela a été salutaire pour l’enfant? Un enfant comme un adulte n’est pas fait pour une pensée unique imposée. Le fait que les parents de cet enfant en souffrance aient fait preuve d’honnêteté intellectuelle et morale en lui proposant autre chose que leur propre opinion l’a rassuré et apaisé. C’était une évidence... Accepteriez-vous de nous donner un ou deux exemples où votre foi a été une ancre pendant votre carrière d’enseignante ou de directrice d’école? Nous avons été souvent sur la brèche pour une suppression de poste à cause de la baisse de l’effectif. Une année, les chiffres n’étaient plus discutables et le couperet devait tomber. A la rentrée suivante, les classes seraient donc chargées et des projets annulés ! Une de mes collègues athée m’a mise au défi. « Il n’y a que la prière qui peut nous sauver de la galère ». Le miracle a eu lieu. Pas de poste supprimé et donc de bonnes conditions de travail. Je me souviendrai toujours d’un enfant complètement bloqué dans tous ses apprentissages et violent avec les autres. La mère était maltraitante. Le père demandait la garde mais ce n’était pas gagné. Il a eu gain de cause et l’enfant apaisé a eu une scolarité normale. Ma foi m’avait permis de rester confiante en la décision de la justice. La terrible tragédie de l’assassinat de Samuel Paty s’est déroulée alors que vous écriviez ce livre. Un mot sur la liberté d’expression en tant qu’enseignante? La liberté d’expression est un socle nécessaire pour éduquer et former les citoyens de demain. Les élèves doivent pouvoir être confrontés à des opinions contradictoires, même si des excès de langage, des images incongrues sont dérangeantes et mettent de l’huile sur le feu. Ce que je déplore! Mais il faut accepter ce risque pour préserver notre démocratie. Vous avez vécu en tant qu’enfant le rejet d’une institutrice qui vous a qualifié de « rebelle » et quelques temps plus tard le joyeux accompagnement d’une autre enseignante. Qu’aimeriez-vous dire à tous ces jeunes diplômés qui démarrent dans l’enseignement? Quelques conseils au ras des pâquerettes. Les premiers contacts avec les enfants sont primordiaux. Dès le jour de la rentrée, ils doivent tout de suite se sentir bien dans leur classe. Il faut impérativement leur donner des repères pour le « vivre ensemble » et bien sûr les mettre en confiance pour les apprentissages. On a tous nos points forts et nos points faibles. Même la maîtresse... En un mot, tout faire en les aimant. C’est le conseil du géographe Elisée Reclus, cité dans la préface de mon livre par Gabrielle Cadier-Rey. Eviter comme la peste le piège de la comparaison entre élèves. "Celui qui aime n'a pas besoin de comparer; quand la comparaison entre par la porte, l'amour sort par la fenêtre" a écrit l'écrivain égyptien Yahya Haqqi.  N’oublier jamais que chaque enfant est un trésor unique, ce qui n’empêche pas de le recadrer, quand c’est nécessaire. Mais surtout trouver les « mots pansements », quand il est en souffrance par les accidents de la vie et/ou en difficulté dans ses apprentissages. En 35 ans de carrière dans l’enseignement, la société a bien changé et vos petits élèves également. Y-a-t-il eu un changement important dans votre manière d’enseigner? Il a fallu prendre en compte cette nouvelle génération d’enfants élevés dans les nouvelles technologies et ayant des parents qui se séparent de plus en plus et des mamans en solo... Ces nouvelles donnes engendrent des problèmes d’inattention et de comportement grandissants. J’ai appris en conséquence à diversifier le plus possible mes enseignements mais je n’ai pas changé ma façon d’enseigner. En regardant tout ce chemin parcouru dans l’enseignement, si vous deviez résumer en quelques mots (ou par une citation ou verset) toutes ces années auprès de la jeune génération, quels seraient-ils? Je n’ai jamais regretté le choix de ce métier, même dans des moments difficiles, parce que je savais que j’étais à ma PLACE. J’ai été heureuse de transmettre les savoirs. Je peux dire, comme le psalmiste David quand il s’adresse à son Dieu « Heureux ceux qui placent en toi leur appui! (Je rajouterai, dans tous les domaines de leur vie). Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés ». Et cet homme-là, cette femme-là, je peux en attester, seront comblés dans leurs activités. Interview exclusive réalisée par La Maison de la Bible dans le cadre du lancement de l'ouvrage "Dernière récréation", éd. Ourania. 

OUR2014
9782889130146
Ourania
256
12.9⨯19.8⨯1.3cm
272 g
2015
Langue
Français
Media
Livre papier
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Extrait

Sales baraques - Gurs, un camp français (1940-1942)
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